Alpinisme, blogging et sponsoring

19 septembre 2016 - 1 commentaire

La haute altitude, son silence, son envoûtement, ses mystères… et ses drapeaux de multinationales… aucun domaine n’échappe décidément à la règle (y compris ce blog, vous l’avez peut-être remarqué). Mais alpinisme et sponsoring n’ont pas toujours fait bon ménage là-haut et leur inévitable association provoque parfois des situations cocasses, ambigües voire dramatiques… Article sponsorisé !

Maurice Herzog et ses drapeaux

L’histoire de l’alpiniste sponsorisé ne date pas d’hier. En 1938 déjà, lorsqu’Anderl Heckmair et ses compagnons de cordée réussissent la première de la face nord de l’Eiger, le soutien qu’ils reçoivent de la part d’Adolphe Hitler et de la propagande nazie ne s’apparente-t-il pas à des prémices de sponsoring ? Et si l’alpinisme de l’époque, et notamment la conquête des premiers 8 000, est surtout une affaire de prestige national, personne n’a oublié l’image pour le moins ambigüe de Maurice Herzog au sommet de l’Annapurna se faisant prendre en photo avec un drapeau de son entreprise Kléber-Colombes par le pauvre Lachenal qui n’a qu’une idée en tête, descendre pour sauver ses pieds qui gèlent… « Ah, si Herzog au lieu de perdre ses gants avait perdu les drapeaux, comme j’aurais été heureux !… » dira plus tard un Gaston Rébuffat pour le moins amer.

Kilian Jornet, nouvelle star de la montagne, bardé de sponsors, vient de renoncer à sa tentative de record de l’Everest par la face nord. « Les conditions n’étaient pas bonnes et les risques trop grands » a-t-il annoncé à ses fans déçus. Ce renoncement est à souligner car si ses sponsors font grise mine, la pression qu’ils exercent fatalement sur les alpinistes peut parfois pousser ces derniers à prendre des risques qu’ils n’auraient peut-être pas pris s’ils n’avaient pas eu ce poids supplémentaire dans leur sac à dos. L’exemple dramatique de Benoît Chamoux en est certainement la parfaite illustration…

Chamoux-Loretan, un duel sous pression

En septembre 1995, l’alpiniste français Benoît Chamoux se présente au camp de base du Kangchenjunga avec dans l’idée de devenir le troisième homme à atteindre les quatorze sommets de plus de 8 000 mètres. Improbable concours de circonstance, pratiquement au même moment, le suisse Erhard Loretan débarque au pied de cette même montagne avec lui aussi l’idée d’en finir avec les quatorze 8 000. Le premier d’entre eux qui parviendra au sommet du Kangch’ sera le troisième homme à réussir ce dangereux challenge après Reinhold Messner (en 1986) et Jerzy Kukuczka (en 1987). L’enjeu est de taille. Chamoux et Loretan sont des cadors mais le moins que l’on puisse dire c’est que dès le camp de base, les dés sont pipés…

Erhard Loretan et son fidèle compagnon Jean Troillet sont en pleine forme. Le suisse a envie d’en finir avec les quatorze 8000 mais il n’en fait pas une maladie et s’il se sait en compétition avec le français, ça ne l’émeut pas plus que ça. Benoît Chamoux en revanche, n’est pas dans son assiette. Il arrive au Kangch’ fatigué physiquement mais aussi nerveusement. Après son difficile succès au Makalu quatre mois plus tôt, il a du cravacher pour trouver des sponsors. Depuis la fin de sa collaboration avec Bull son partenaire historique, les temps sont plus durs… Ce quatorzième 8 000 ne doit pas lui échapper et s’il peut, en plus, coiffer Loretan au poteau, la cohorte de journalistes qu’il a emmenée dans son sac à dos lui assurera la gloire à son retour en France. On connait la suite… Loretan sera le premier au sommet et Chamoux n’en redescendra jamais… victime d’un entêtement incompréhensible pour des alpinistes aussi expérimentés, Benoît Chamoux et son compagnon de cordée Pierre Royer refusèrent de renoncer alors que tous les voyants étaient au rouge après la mort accidentelle de leur sherpa. Trop de pression diront tous ceux qui les côtoyaient à l’époque…*

Dans un domaine plus léger, le 6 mai 2011, l’alpiniste britannique Kenton Cool a réalisé un exploit original en réussissant à envoyer le premier tweet de l’histoire depuis le sommet de l’Everest : « 1er tweet depuis le toit du monde grâce à un signal faible 3G et l’impressionnant téléphone Samsung Galaxy S2! » a-t-il lâché depuis un smartphone fourni par son sponsor. Bien joué Samsung mais « l’impressionnant » Galaxy S2 est-il aussi performant dans les profondeurs des crevasses qui jonchent les sommets himalayens ?

Chullanka, la marque des passionnés de montagne

A priori, tenir un blog, n’est pas une activité à risques. Le nervous breakdown me guette parfois lorsque l’inspiration vient à manquer ou lorsque mes mails restent sans réponse mais l’ensemble restant plutôt serein, j’ai décidé de tenter l’aventure avec les magasins Chullanka qui ont gentiment accepté de me ravitailler en livres, matière première du passionné d’histoire de l’alpinisme.

Ex-filiale de Décathlon, Chullanka c’est une équipe de passionnés qui proposent aux pratiquants de tous les niveaux une offre de produits et de services destinés à la pratique des sports de montagne. A ce jour, l’enseigne compte quatre magasins en France : Antibes, Moulins les Metz, Portet Sur Garonne et Mérignac, ainsi qu’un site internet marchand. En plus de toute une gamme de matériel et d’équipements dédiés à la montagne, Chullanka propose dans ses magasins toute la panoplie des livres rouges des éditions Guérin, le bonheur pour tous les passionnés !

Je profite de l’occasion pour remercier Georges, directeur du magasin de Mérignac, qui a eu la gentillesse de me recevoir et de m’accorder sa confiance pour ce partenariat.

* Sources : « Les derniers jours de Benoît Chamoux » et « Les mystères d’un 5 octobre au Kangchenjunga » – Par Charlie Buffet pour liberation.fr

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Chullanka, vos sports grandeur nature

1 Commentaire

  • Jph FREMY - 4 octobre 2016 à 21 h 48 min

    Encore un bon moment de montagne et d annecdotes interessantes grace a toi . Bravo Thomas.

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