Sainte Rita ou les causes alpines désespérées // Rozenn Martinoia

Chroniques de l'alpinisme ordinaire

Alors là je dis oui ! Voici un petit bijou des familles à lire en slip au coin du poêle en sifflant le Génépi. Réussir, au beau milieu d’une chronique alpine, à placer le mot « couilles » avec la finesse et la grâce de la ballerine, c’est la marque Rozenn Martinoia. Âmes sensibles, ne surtout pas s’abstenir.

Ce livre a un énorme défaut : il est trop court. C’est bien dommage tant ces chroniques féroces écrites au lance-flammes en appellent d’autres. Le tome II est exigé. Et vite. Quand Messner réussit l’exploit de publier une bouse après l’ascension du siècle, Rozenn Martinoia invente l’inverse : le récit mémorable sans – presque – quitter le refuge. Je cite, pratiquement au hasard : « Nous avançons sur le dôme du glacier. Mon déplacement devient de plus en plus hésitant. La patte  d’oie ridée, je scrute la pente. J’essaie d’éviter d’être dans le prolongement des crevasses mais je peine à décrypter ce tableau ésotérique : les failles sont perpendiculaires les unes aux autres. Où passer ? Suis-je conne ou est-ce un genre que je me donne ? La question présente ici un enjeu négligé l’avant veille. »

Madame Summit Day, pourtant assez peu portée sur la chose alpine mais attirée par la couverture colorée et mes gloussements répétés, m’a même autorisé à lui lire les plus savoureux passages. Peut-être va-t-elle même le lire ! Sainte Rita puisse-t-elle la convaincre de m’emmener en montagne l’été prochain… En attendant, toi qui aimes les récits de haute volée, va vite te procurer cette petite merveille auprès des éditions JME, tu m’en diras des nouvelles.

Sainte Rita ou les causes alpines désespérées // Rozenn Martinoia

Chullanka, vos sports grandeur nature

4 Commentaires

  • vola - 2 mars 2017 à 22 h 52 min

    Ha, Rozenn, super poids plume, bonne boxeuse devant l’éternel, elle grimpe bien, écrit des histoires d’escalade avec un humour unique et décapant qui aurait réjoui mon ami et maître, Le Grec, et en plus elle se soucie beaucoup d’éthique avec ses jeunes copains et copines grimpeurs. S

    Sainte Rita est à mettre dans toutes les mains, de 7 à 77 ans pour éveiller les plus jeunes méninges et réveiller ce qui en reste aux vieux schnocks comme moi.

    Un régal à consommer sans modération !

    Ps : mais pensez quand même à mon « On the Rock Again » de mon pote Martin Boysen. Il n’a pas l’humour de Rozenn, mais c’est un vrai de vrai et sympa en diable.

  • Ta sœur - 22 mars 2017 à 11 h 14 min

    La couverture me fait penser à une œuvre de Pierre et Gilles
    Deux artistes décalés qui pourraient tout à fait avoir illustré cet ouvrage qui paraît décalé lui aussi!
    Tu me le prêteras?

  • thomas - 22 mars 2017 à 11 h 18 min

    Quand tu l’auras lu, je t’emmènerai grimper dans « La croupe de la pouffiasse » (voir chapitre 10).

  • Ta sœur - 22 mars 2017 à 22 h 28 min

    Je ne supporte pas les bonnets, ça gratte la tête! Dommage…

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