8 000+ // Ueli Steck

Ueli+

Perfidie du hasard, ce livre a rejoint ma table de nuit au moment même où Ueli Steck s’apprêtait à partir s’acclimater au Nuptse avant de tenter sa traversée Everest-Lhotse. Et puis dimanche matin (30 avril 2017), le petit monde de l’alpinisme s’est réveillé avec la gueule de bois en apprenant la mort de sa star après une chute au Nuptse. C’est peu dire que la lecture l’ouvrage a subitement changé sens…

J’avais choisi de lire 8 000+ suite au retour sur le devant de la scène des polémiques sur la véracité de certaines ascensions d’Ueli Steck* et notamment son solo contesté au Shishapangma en 2011 dont le récit prend place à la fin du livre. La disparition accidentelle de l’alpiniste suisse dimanche dernier, m’amène à mettre ces questions entre parenthèses pour me contenter de rendre hommage à celui dont tout le monde louait l’humilité et les capacités hors norme.

« Lequel est prêt à accepter de prendre le plus de risques »

Et s’il est bien un adjectif qui qualifie ces récits, c’est effectivement l’humilité. Il serait ici question l’ascension de la voie normale de la dune du Pyla que le ton serait le même. Nous sommes sur le pilier ouest du Makalu, dans la face sud de l’Annapurna ou du Shishapangma et pourtant Ueli Steck donne l’impression d’être un touriste en vacances, plus ébloui par la beauté du paysage que par la teneur de ses exploits. Le bonheur simple d’être en Himalaya, dans ces contrées qu’il aimait tant, se lit entre les lignes en même temps que la sincérité sur son approche de la montagne malgré les sponsors et les chronomètres qu’il semblait presque contraint d’emmener dans son sac à dos.

Les quelques réflexions sur les risques du métier prennent aujourd’hui malheureusement tout leur sens… « Si, sur le plan sportif, il peut y avoir un intérêt à un duel entre alpinistes de haut niveau, la question est de savoir lequel est prêt à accepter de prendre le plus de risques. Cela finira inévitablement mal pour l’un d’eux » écrivait-il notamment à propos de la course au chronomètre dans la face nord de l’Eiger. Sa femme Nicole, très présente tout au long du livre, semblait être la voix de sa raison mais c’est aujourd’hui vers elle que se tournent les pensées émues.

Salut l’artiste.

* Voir la vidéo du débat lors des derniers Piolets d’Or : Les preuves en alpinisme

8000+ // Ueli Steck

Chullanka, vos sports grandeur nature

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