Le mystère Mallory et Irvine : chasse au trésor sur l’Everest

30 janvier 2017 - 33 commentaires

C’est certainement le plus grand mystère de l’histoire de l’alpinisme. Le 8 juin 1924 vers 13 heures, George Mallory et Sandy Irvine sont aperçus pour la dernière fois progressant sur l’arête nord-est de l’Everest en direction du sommet. Ce qu’il s’est passé ensuite, personne ne le sait. Sauf, peut-être, un appareil photo de type Kodak Vest Pocket qui attend désespérément qu’on le retrouve.

8 juin 1924, journée fatidique

Au printemps 1924 les Anglais sont de retour sur les pentes de l’Everest. Après les échecs de 1921 et 1922, ils ont cette fois-ci une grande confiance en la réussite de l’expédition. George Mallory, 38 ans et déjà là lors des deux premières tentatives, est habité par le sommet et il ne conçoit pas l’échec. Le versant népalais étant interdit aux étrangers, c’est par le nord que les hommes du général Bruce prévoient d’effectuer leur ascension. Au début du mois de juin, tous les camps d’altitude sont installés et les alpinistes de pointe sont prêts pour l’assaut final.

Après une première tentative manquée par Mallory et Geoffrey Bruce, Edward Norton parvient le 4 juin à l’altitude record de 8 573 mètres avant de faire demi-tour (le record tiendra jusqu’à l’expédition suisse de 1952). Mallory pense alors qu’une dernière tentative est possible et choisit d’emmener avec lui le jeune Sandy Irvine, finalement préféré à Noel Odell pour sa capacité à rafistoler le matériel à oxygène au fonctionnement souvent capricieux. Le 8 juin au petit matin, les deux hommes s’élancent vers le sommet. Peu avant 13 heures, Odell aperçoit deux points qui progressent lentement sur l’arête nord-est avant de disparaitre dans les nuages. Il s’inquiète du retard pris par les deux hommes puis retourne dans sa tente avant que la tempête de neige ne s’abatte sur la montagne. Il est le dernier à les avoir vus vivants…

Mallory et Irvine ont-ils atteint le sommet de l’Everest ?

Depuis ce jour fatidique du 8 juin 1924, une question hante tous les passionnés d’alpinisme : Mallory et Irvine ont-ils atteint le sommet de l’Everest 29 ans avant Hillary et Tenzing ? Plus de 90 ans après les faits, il faut bien reconnaitre qu’il est impossible de répondre à la question. Pourtant, en près d’un siècle, plusieurs indices fascinants sont venus s’entasser dans le sac à dos de ceux qui cherchent à comprendre le déroulement de cette fameuse journée. Le premier à chercher fut bien sûr Noel Odell qui, resté en soutien des deux hommes, remonta dès le lendemain au dernier camp où il découvrit que Mallory, éternel étourdi, avait oublié sa lampe torche. Premier indice, la descente s’est probablement effectuée dans l’obscurité totale. Mais la première découverte probante remonte à l’année 1933 au cours de laquelle une expédition britannique (encore une) découvrit, environ 250 mètres sous le premier ressaut(1), un piolet au manche en bois dont l’examen approfondi prouva qu’il appartenait à Sandy Irvine. L’absence de corps à proximité laisse penser qu’Irvine a probablement lâché son piolet en chutant.

En 1960, une expédition chinoise déclara avoir réussi la première ascension de la face nord. Ils affirmèrent avoir franchi le second ressaut en se faisant la courte échelle, mais l’excuse bien connue du brouillard pour justifier l’absence de cliché du sommet ne tarda pas à éveiller des soupçons autour de cette réussite qu’aucune preuve valable ne put justifier. C’est en 1975 que la face nord fut gravie de façon certaine par une nouvelle et énorme expédition chinoise qui réussit à installer une échelle pour franchir le deuxième ressaut. Quatre ans après, lors d’une nouvelle expédition sur l’Everest, un grimpeur chinois du nom de Wang Hongbao prétendit avoir aperçu en 1975, le corps d’un « vieil anglais mort » aux alentours des 8 000 mètres, non loin du camp VI. Selon ses dires, le corps aux vêtements très anciens et très abîmés, était allongé sur le côté et portait une vilaine blessure à la joue. Malheureusement, Wang mourut emporté par une avalanche avant d’avoir pu être interrogé plus en détail…

La découverte de Conrad Anker

C’est en 1986 qu’une première expédition organisée par Tom Holzel, historien obnubilé par le mystère de l’Everest, fut organisée dans le but de retrouver les corps de Mallory et Irvine. Mais la quantité de neige tombée empêcha toute recherche significative. En 1999, le flambeau fut repris par Joachim Hemmleb, un jeune allemand lui aussi passionné, qui réussit à organiser une nouvelle expédition pour tenter de résoudre l’énigme. Le 1er mai, coup de théâtre, l’alpiniste américain Conrad Anker qui participe aux recherches, découvre un corps momifié dont les vêtements déchirés ne peuvent appartenir à un alpiniste moderne. Bingo ! Le piolet de 1933 ayant été découvert à proximité de cette zone, tout portait à croire qu’il s’agissait du corps de Sandy Irvine. Mais en observant les restes de vêtements, les alpinistes découvrirent dans le col une étiquette au nom de George Mallory. C’était la découverte du siècle !

Le corps était tourné face vers le sol, une jambe était brisée et le front portait les stigmates d’une vilaine blessure ayant probablement entrainée la mort. Mais le corps n’était pas disloqué comme celui d’un alpiniste ayant chuté de plusieurs centaines de mètres. En outre, la description ne correspondait pas avec celle du corps trouvé par Wang en 1975 (blessure à la joue et allongé sur le côté). Dans les poches de Mallory, un mouchoir en soie, quelques lettres, une paire de lunettes, un altimètre à l’aiguille cassée, mais pas d’appareil photo… Pas non plus de photo de sa femme Ruth. Mallory était censé la déposer au sommet…

L’énigme du second ressaut

Pour les spécialistes, cette découverte, aussi sensationnelle soit-elle, ne permettait pas de savoir si, oui ou non, le sommet avait été atteint. Tout juste la paire de lunettes découverte dans la poche permettait-elle de certifier que Mallory était tombé dans l’obscurité. La vraie question était de savoir si Mallory et Irvine avaient pu, en 1924, escalader le difficile second ressaut situé à une altitude où les capacités physiques sont sérieusement altérées. Aujourd’hui, tous les alpinistes franchissent ce ressaut grâce à l’échelle installée par les chinois en 1975. Mais en 1924, pour des alpinistes éreintés et mal équipés, il s’agissait là d’un sacré morceau. Nombreux sont ceux qui considèrent qu’en dépit des qualités de grimpeur exceptionnelles de Mallory, il est impensable qu’il ait pu franchir cet obstacle et donc atteindre le sommet.

En 1999, Conrad Anker voulut en avoir le cœur net et décida de tenter d’escalader le second ressaut en libre, sans utiliser l’échelle. Il y parvint presque mais dut, à un moment, poser son pied sur l’un des barreaux de l’échelle. Il jugea ensuite qu’il était très peu probable que Mallory ait pu l’escalader en 1924 et que si, par miracle il avait réussi, il aurait été impossible aux deux hommes de le redescendre au retour(2). On l’a compris, la tendance serait plutôt à considérer que Mallory et Irvine n’ont pas atteint le sommet. Il reste pourtant quelques irréductibles qui persistent à y croire. Tom Holzel en fait partie et dans cette interview publiée en 2013 par Alan Arnette sur son blog, il prétend avoir identifié avec quasi certitude l’endroit où se situe le corps de Sandy Irvine et donc, peut-être, le fameux appareil photo dont les scientifiques s’accordent à dire que la pellicule sera exploitable malgré le gel et le temps passé.

Et à ceux, qui après tout ce temps, doutent de la pertinence d’un tel remue ménage et se demandent pourquoi continuer à chercher désespérément l’appareil photo de George Mallory, les passionnés feront certainement cette réponse de circonstance : « Parce qu’il est là ! » Mais oui ! Il est là, quelque part, ce fichu Kodak, c’est évident !

(1) Pour accéder au sommet de l’Everest via le versant nord, il faut franchir, dans la partie finale, trois ressauts aujourd’hui appelés premier ressaut, deuxième ressaut et troisième ressaut. Le deuxième étant de loin le plus difficile.
(2) Conrad Anker a raconté cette expédition dans un livre écrit avec David Roberts : Mallory & Irvine, à la recherche des fantômes de l’Everest

Odell observant Mallory et Irvine (extrait du Sommet des Dieux)
Dessin de Jirô Taniguchi extrait du manga Le Sommet des Dieux, dont l’histoire de George Mallory et Sandy Irvine est le point de départ de l’intrigue.

Chullanka, vos sports grandeur nature

33 Commentaires

  • Willy - 30 janvier 2017 à 17 h 07 min

    Faudrait pas avoir oublié de mettre la pellicule Mr tête en l air…

  • Mez - 10 mars 2018 à 11 h 40 min

    @ Wily
    C clair au sujet de Mallorry il avait atteint un niveau d excellence mais sa tête partait en vrille parfois( l effet de l altitude?)
    Pour moi l histoire de Anker tient complètement la route et je pense que le 2e ressaut était techniquement infaisable ce jour là.
    Ce qui m impressionne le plus, alors que c est presque passé inaperçu C la performance de Norton quelques jours avant avec ses 8573m sans OX avec une veste de tweed et des bandes molletières!!!!C gars là était… comment dire… en fait j ai pas de mots!!De la trempe de WIESSNER qui aurait réussi sans problème un soir sans vent le K2 des 1939 sans la peur de la nuit de son pote sherpa ( 15 avant les italiens),C’en ai franchement rageant et ce monstre d alpinisme est presque tombé dans les oubliettes, pareil pour les Suisses des 52 a l Everest( ils avaient clairement apporter le sommet sur un plateau aux Anglais)……..
    L histoire est profondément injuste parfois!!

  • Jean-Paul - 10 mars 2018 à 11 h 41 min

    Waouh! Ça c’est de l’enquête !
    La photo de Ruth est quelque part au sommet…
    Retournez moi chaque pierre!!!!

  • Jean-Paul - 10 mars 2018 à 11 h 55 min

    Entièrement d’accord avec Mez, grimper à plus de 8000m sans fibre synthétique, sans nylon, sans rien de léger et d’étanche… c’est juste surhumain. Enfin la preuve que non…
    Mais quels humains!
    Les gars sortaient de la Grande Guerre et des tranchées inondées et glaciales, rongés nuit et jours par la vermine et la pourriture, l’air saturé de gaz et de corps en décomposition…
    Nous sommes bien chanceux d’y avoir échappé. Je passe parfois par la Champagne et la Lorraine en hiver, confortablement installé et chauffé, et je me demande combien d’heures et non pas de jours je pourrais tenir, dehors tapis dans un fossé…
    Bien sûr les Mallory, Bruce, Norton, Irvine ou Odell étaient l’élite de leur époque… des durs au royaume des durs!
    Et d’ailleurs si Mez n’a pas de mots… comment en aurais-je?

  • Mez - 10 mars 2018 à 13 h 42 min

    @ Jean Paul
    Je pars des maintenant le temps de trouver des chaussures a clous( hé oui il n avait pas de crampons à l époque!!!! des vrais dingos ces types) et une veste de tWeed rose!!!
    C vrai la folie de la première guerre avaient endurcis ces hommes remarquables et puis c était encore le temps de l exploration totale, de l inconnu avec l altitude, ces types ne connaissaient rien au début ils ont du s adapter a tout.
    Quand tu vois les photos, tu vois des types tranquille sans tensions particulière équipé pour aller faire un picnic alors qu’ ils s attaquent a l Everest encore inviolé!!!!
    C pour des moments comme cela que la fascination et la passion de l alpinisme m est venu et restera toute ma vie et ça dure depuis 30 ans!!!
    Mez

  • Simon - 10 mars 2018 à 20 h 05 min

    L’énigme Mallory est fascinante, mais une ascension est réussie si le bonhomme retourne à la maison.
    La « première », quoique l’on découvre, sera toujours celle de Norgay et Hillary.
    L’histoire de la photo manque de témoin. Personne n’a vu Mallory avec une photo au cours de l’expédition. Il l’avait dit une fois, mais rien ne permet de dire qu’il en avait effectivement une sur lui le jour de sa mort.
    Meissner lui-même est persuadé que le ressaut est infranchissable en 1924 dans ces conditions.
    Anker, même après une deuxième expédition sans l’échelle ou il a réussi le second ressaut sans s’appuyer, doute beaucoup.

  • Mez - 10 mars 2018 à 22 h 24 min

    @ Simon
    Entièrement d accord avec toi!

  • Jean-Paul - 12 mars 2018 à 11 h 06 min

    Bon, après analyse approfondie et consultation de mon principal conseiller (moi-même), au vu des faits exposés, après avoir pris connaissance des photos du ressault 2, et attendu que l’échelle du dit ressault ne sera posée qu’ulterieurement, attendu que la photo de Ruth n’a pas encore été retrouvée au sommet, ni sur le corps de Mallory, attendu que le dit Mallory était équipé de chaussures à clous de type « extra-sharp-fail-safe » forgé un à un par son grand père à Sheffield, et en vertu des pouvoirs qui me sont auto-conférés, nous décidons ce qui suit:
    « Mallory et Irvine sont bien les premiers hommes à avoir gravi le mont Everest en 1924, et il convient donc de le renommer Mont Mallory-Irvine ».
    L’Himalayan Database est ampliataire de ce post… il va s’en dire!
    L’explication du drame à la redescente est toute bête: Irvine avait préparé du thé Earl Grey alors que Mallory détestait la Bergamote… s’en est suivi une dispute au piolet qui leur fut fatale…
    (Applaudissements de l’assistance en fond sonore…)

    Ouf! Content d’avoir résolu cette énigme! Ça m’a pris le week rend quand même !
    Une autre?
    Non, parce que là, tant que je suis chaud…

  • Mez - 12 mars 2018 à 11 h 56 min

    @Jean Paul
    Ton histoire tiens clairement la route!!!!sachant que ton sérieux et aussi ton intelligence à permis de résoudre cette histoire de ouf en stand bye depuis plus de 90 ans.
    Nous comptons tous sur toi pour résoudre le gros PROBLEME du moment!!!
    La validation des sommets du Shishapangma et Annapurna toutes les 2 par la face sud par Ueli Steck
    Attention Jean Paul, Steck est une icône et tu ne pourras pas l interrogé car il est malheureusement décédé en 2017 au Nuptse!
    A toi de jouer!!! Tu as la semaine sinon…….

  • Jean-Paul - 12 mars 2018 à 14 h 21 min

    A ton service… je me réunis avec moi même des ce soir pour examiner l’affaire avec le même sérieux.
    (Toutefois mettre mon intelligence sur le même plan que mon sérieux m’a donné un p’tit coup au moral… mais qu’importe!)
    Avez vous des déments du dossier à me communiquer?
    @Jean-Paul Poirot, poste restante, Scotland Yard, London.
    Merci!

  • Jean-Paul - 12 mars 2018 à 14 h 22 min

    Éléments du dossier… pour les déments je m’en occupé! 🙂

  • Mez - 12 mars 2018 à 16 h 55 min

    @ Jean Paul
    Mister Popier je ne peux pas t en dire plus ( sans aucune parano de ma part!! je sens que je suis suivi!!!!)

  • Jean-Paul - 12 mars 2018 à 17 h 20 min

    Pas Popier… Poirot!
    Alors je viens d’enquêter…
    Ce gars honnêtement, c’est lui le mystère.
    Vu ce qu’il a fait par ailleurs et selon l’expression « on ne prête qu’aux riches », je ne vois pas beaucoup de raison de douter de ces ascensions.
    La vraie question est ailleurs: l’a-t-il fait avant ou après le petit déjeuner ?
    🙂

  • Jean-Paul - 12 mars 2018 à 17 h 21 min

    Par contre, j’aimerais bien savoir la marque de ses crampons à la Nuptse… pour en acheter une autre…

  • Mez - 12 mars 2018 à 18 h 36 min

    @ Jean Paul
    Je repete Mister POPIER!! pas Poirot,POPIER C une info d un membre du FSB ,pour tous les amis du blog tu dois réussir cette mission le seul indice c est Popier c est tout ce que j ai

  • Jean-Paul - 16 mars 2018 à 12 h 33 min

    Mez, j’ai bien tout écouté de Rodolphe Popier.
    3h30 de vidéo au total…
    C’est effectivement très à charge et il y a aussi les doutes de Graziani…
    Ça m’attriste. Si les relevés de Popier sont exacts évidemment ça semble impossible.
    De toute façon je ne comprends pas comment ces gars grimpent sans trackers GPS cousus dans leurs vestes.
    Même pour leur sécurité et pour le suivi des permis d’ailleurs…

    Ceci dit, au vu de l’ensemble des éléments d’enquête, et compte tenu de la tête de Popier et de son regard fuyant, nous concluons qu’il est absolument certain que Ueli Steck a réalisé les ascensions Shishapangma et Anapurna Sud telles que revendiquées et que la vitesse de sa montée (accélération…) et de sa descente sont dues à la prise d’Ovomaltine sous forme intraveineuse associée à des gélules de Toblerone.
    Cher Mez, tu voudras bien communiquer ces décisions, définitives, à l’Himalaya Database et à qui de droit.
    Cordialement
    Impartialement
    Juge JP

  • Mez - 16 mars 2018 à 14 h 07 min

    Allo,Allo….oui! oui!
    Oui je suis en direct de l instance internationnale de suspicion des grimpeurs de la terrefautpasnousprendrepourdes c… IISGTC devant son siège à Oulan Bator
    Et je peux vous confirmez Oui vous confirmez que le courrier du Juge Jean Paul à été transmis en urgence à qui de droit et que la decision vient de nous être communiqué par le tribunal présidé par le juge Maestri et le juge Cesen
    OUI l Ovomaltine et le Toblerone sont des substances qui permettent au dessus de 6500m ( en dessous cela ne sert strictement à rien!!!à part prendre de la bedaine!!) d accélérer de 150m à 300m dans une pente à 80 degrés au-dessus de 7500m et cela sans dopage et sans mensonge
    Pendant la séance le médecin des expés a pris le témoignage de L Amst….(le témoin a préféré rester anonyme) qui confirme qu’ avec ses barres de friandises il était possible d être plus rapide en haut de l Alpe d Huez qu’ en bas
    La décision est sans appel
    R POPIER sera pendu haut et court là maintenant, tout de suite… ca y est C FAIT!!!

    Mez en direct d Oulan Bator Mongolie

  • Jean-Paul - 16 mars 2018 à 14 h 32 min

    Mez, je ne te connais pas, mais à mon avis, autour d’une grolle, on ne doit pas s’ennuyer à passer la soirée avec toi… 🙂

  • Mez - 16 mars 2018 à 15 h 55 min

    Réciproquement!!!
    Sans alcool pour moi, j en ai trop bu quand j étais jeune!!!par contre du Toblerone avec un petit pichet de Gasoil C pas de refus, j ai un 8000 a faire avec les ruskoffs!!

  • Mez - 16 mars 2018 à 16 h 01 min

    @ Jean Paul et les autres
    J ai mis un truc sur le papier de Thomas » la face caché des 8000″ » et j ai besoin de votre aides et conseils

  • Christiane - 8 mai 2018 à 17 h 56 min

    Je comprends mal ce refus de croire que Mallory ait pu franchir le second ressaut. S il n était pas situé à 8500 m aurait le degré de difficulté du rocher de fontainebleau. J ai vu le film the wildest dream et sauf erreur de ma part le deuxième ressaut à bien été franchi sans echelle

  • Simon - 9 mai 2018 à 6 h 46 min

    @Christiane

    Le problème, c’est justement que le ressaut est à 8500m…
    Le franchir avec des chaussures à clous et le matériel archaique de l’époque, dont des petites cordes en soie semble à la très grande majorité des professionnels (dont Meissner) impossible.

    Le deuxième ressaut aurait été vaincu en mars 1960. D’après les membres de l’expédition chinoise, un des membres aurait accepté le rôle « d’échelle humaine », un certain Liu Lianman, qui n’aurait donc pas pu atteindre le sommet.

    Le second ressaut a donc été conquis près de trente ans après Mallory. Imaginer que ce dernier l’aurait fait sans rien (ou à la limite, en grimpant sur Irvine, mais celui ci était plutôt petit) avec son matériel de l’époque est impensable.

  • Christiane - 9 mai 2018 à 13 h 50 min

    Je ne suis pas d accord sur le matériel et l habillement. Plusieurs expériences ont été faites sur les différentes couches de vêtements et il s avére qu elles étaient aussi performantes si ce n est plus confortables que les vêtements actuels. Les chaussures sont à clous certes, mais à t on la preuve que mallory n en portait pas avant sa chute? Les chaussures peuvent paraître inappropriées, mais l étaient elles vraiment ? Les pieds ne portent aucune trace d engelure . Les cordes en soie sont aussi solides si ce n est plus que celles en nylon. Les piolets sont de bonne qualite et mallory avait escalade le mont blanc par le versant italien et le cervin ou matterhorn. Ce n est donc pas, à mon avis, cette petite falaise qui aurait pu le rebuter

  • thomas - 9 mai 2018 à 21 h 59 min

    Moi aussi je l’aime bien Mallory et ça me ferait plaisir qu’un jour on retrouve la photo du sommet dans son Kodak. Mais j’ai bien peur, Christiane, que ton enquête ne soit même pas digne de l’inspecteur Gadget…

  • Simon - 10 mai 2018 à 6 h 53 min

    On aimerait tous que Mallory l’ai fait!
    Mais ça ne changerait rien au nom des premiers vainqueurs de l’Everest: une ascension réussie implique la descente…

    @Christiane

    La qualité de l’équipement est une chose, la masse dudit équipement en est une autre. Pour la même protection, un alpiniste d’aujourd’hui portera deux fois moins de bagage, en masse; qu’un de l’époque de Mallory. Je ne parle même pas du poids infâme des bouteilles d’oxygène.

    Quant à la comparaison avec le Mont Blanc et le Matterhorn… Est-vraiment nécessaire de dire qu’elle est absurde?

  • Christiane - 10 mai 2018 à 11 h 47 min

    Je suis bien d accord Hillary reste le vainqueur de l Everest. Mallory et Irvine n ont sans doute pas atteint le sommet et sont certainement morts à 13 heures et pas à 01 heure. Je sais que le témoignage de Odell est sujet à caution, 1er ressaut, 2nd ressaut ? Les lunettes ? Ils étaient dans le brouillard, ils ont pu les ôter. La montre arrêtée à 12h52 ou 12h53 ne dit pas s il s’agissait de pm ou am. L altimètre cassé avec des tâches de rouille. Il paraît qu’ il serait possible de déterminer la pression atmosphérique, donc l altitude, au moment de la cassse a partir de la rouille Sic… La fameuse photo de Ruth! J aime bien les légendes, mais il y a des limites. Le piolet d Irvine qui n en dit pas plus. Je me pose à ce sujet 2 questions on a retrouvé le piolet mais ou sont les bouteilles d oxygène vides ou non, les appareils photo. Et surtout ou est le corps d Irvine. Ils étaient encordes ils ne devraient être très éloignés
    Vous voyez, en fait je me moque qu’ ils aient atteint le sommet. Ce qui m a fait reagir c est d avoir lu des affirmations à l emporte pièce sur ce q ils étaient capables de faire. Cela je n en sais rien et personne en fait n en sait rien
    Le Mont Blanc et le Cervin sont en fait plus difficiles et plus dangereux que l everest. Ce n’est pas moi qui le dit mais les statistiques

  • Christiane - 10 mai 2018 à 12 h 00 min

    Au fait je voulais ajouter que Paccard et Balmat ont atteint le sommet du Mont Blanc le 7 août 1760 avec toutes les chances d échec…

  • Simon - 10 mai 2018 à 13 h 14 min

    D’accord, mais réussir le second ressaut à 8500m d’altitude après 2500m d’ascension c’est pas la même chose que passer l’arête du Lion… Et quel rapport avec Paccard et Balmat?

    Quant aux statistiques… 18.000 ascensions (réussies ou non) environ chaque année depuis 2015 au Mont Blanc, et de l’ordre d’une dizaine (en fait, six ou sept) par ans en moyenne… Soit 0.005% de mortalité (et 50% d’échec au premier coup).
    Contre 4% de mortalité à l’Everest.
    Dire que le Mont Blanc est plus dur que l’Everest, c’est un non-sens.

  • Pedro26 - 10 mai 2018 à 14 h 56 min

    Ah, le mystère sans fin…
    Mais c’est ce qui fait aussi la beauté de l’Histoire, le rêve, l’imaginaire !

    Pour moi, c’est bien la difficulté technique de l’escalade de la partie finale du second ressaut qui pose problème (les 6 derniers mètres légèrement surplombants au sommet de la fissure, le crux).

    Il y a bien une large fissure sur la gauche, mais elle est trop large (trop pour pitonner, ou pour des coinçeurs en bois classiques).

    Cf photos (Attention à la perspective de la prise de vue/photo, c’est assez vertical ici !) :
    https://i.imgur.com/8VrmKB0.png
    https://i.imgur.com/IiHhQ9q.png

    Selon les rares qui l’ont passé en libre (dont Cadiach, Fritsche, Anker) ce n’est vraiment pas si facile à cette altitude (et c’est peu de le dire !), surtout avec le degré de fatigue, le matos et les fringues de l’époque, et « ne pas savoir si ça passe après… », etc.

    Oscar Cadiach, qui l’a passé en libre en 1985 (sans O2, avec les échelles installées à côté) estime le niveau de difficulté du passage final entre 5.7 et 5.8 (5b à 5c).
    Il a retenté l’expérience en 2000 avec l’équipement vintage de l’époque, mais n’a atteint que le premier ressaut (trop froid avec ces fringues vintage). Il doute fortement de la possibilité de passer le 2ème ressaut en 1924.
    Theo Fritsche en 2001 (sans O2), pense à peu près la même chose, même cotation estimée.
    Conrad Anker en 1999 estime le passage à 5.10 (6a+), il posa un pied sur l’échelle, puis en répétition 2007 (après avoir démonté les échelles) son compagnon qui passe en second estime le pas final à 5.9 (6a).
    Admettons, c’est assez subjectif, disons 5c/6a.

    C’était à peu près dans les capacités techniques maximales de Mallory dans un environnement facile, non extrême et sans sac à dos lourd (sans O2), en moyenne montagne disons.
    Mais passer un 6a en libre et à vue à 8.300 mètres et avec une lourde bouteille d’oxygène sur le dos (environ 15 kg juste pour le système O2) en 1924, c’était quand même une toute autre histoire …

    Tentez l’expérience vous-même sur votre falaise préférée : une voie 5c/6a avec 15 kg sur le dos, et avec vos plus vielles godasses en cuir !
    Ajoutez 8.000m d’altitude, le froid, le vent, la fatigue, l’inconnu, un masque d’oxygène tout pourri sur la tronche…

    Un article intéressant et assez détaillé sur la question (en anglais): http://www.everest1953.co.uk/sighting-by-odell

  • Pedro26 - 10 mai 2018 à 15 h 01 min

    Précisions: il y a toujours des échelles sur le 2ème ressaut (doublées et remplacées, et maintenues depuis la pose des chinois en 1960), car même au Jumar sur corde fixe, c’est exténuant à cette altitude car trop vertical/surplombant…
    Imaginez sans échelle et sans Jumar…

  • thomas - 10 mai 2018 à 19 h 22 min

    Oh yeah Pedro ! Merci pour ces précisions. Par contre l’échelle a bien été installée par une expédition chinoise mais en 1975. En 1960, ils ont mis plus d’une journée à franchir les 350 derniers mètres et ils ont franchi le second ressaut en se faisant la courte échelle.

    Et pour Christiane, la première du mont Blanc c’était plutôt le 8 août 1786.

  • Pedro26 - 10 mai 2018 à 21 h 55 min

    « Par contre l’échelle a bien été installée par une expédition chinoise mais en 1975. »

    Oui pardon ! C’est exact, en 1975 la pose des échelles.

    D’ailleurs, le coup de se faire la courte échelle (sur un mur vertical de 6 mètres !), le compagnon « sacrifié », ça devait être assez épique aussi… 😉
    Zont dû l’utiliser comme « coinçeur humain », le pauvre chinois de la courte échelle ! 🙂

  • Pedro26 - 10 mai 2018 à 23 h 16 min

    @Christiane : « Le Mont Blanc et le Cervin sont en fait plus difficiles et plus dangereux que l everest. Ce n’est pas moi qui le dit mais les statistiques »

    Hum hum… Vous devez confondre probablement le nombre de morts et la difficulté technique d’une voie d’ascension en montagne.
    Les « statistiques » des décès sur une montagne n’indiquent en rien la difficulté technique d’escalade d’une voie.

    Le Mont-Blanc ne présente aucune difficulté technique sur ses voies normales. Strictement aucune (et pourtant, il y a beaucoup de morts, malheureusement).

    Le Cervin par l’arête du Hörnli (1865), c’est simplement de la varappe (difficulté AD/3+/4) à 3500-4500m, donc strictement rien de comparable à du TD/6a à 8300m sur l’Everest avec des bouteilles d’oxygène lourdes comme en 1924 !

    Et le Cervin, pour l’avoir déjà fait plusieurs fois en 8h environ aller-retour et sans aucune difficulté (et sans échelle) par la voie historique, je peux vous dire que c’est de la rigolade !

    Par contre l’Everest par le côté Tibétain, et ben je ne suis pas sûr de passer en libre (sans échelle) le second ressaut si facilement, même avec le matos d’aujourd’hui (pourtant je suis à l’aise dans le 7 en falaise, au soleil ! Donc bien mieux que Mallory ! 😉 )…
    Ni même de le passer tout court !

    Donc à part une « astuce » que l’on ne connait pas (mais c’est possible !), comme par exemple monter des gros morceaux de bois à utiliser comme de très gros coinceurs dans cette fameuse fissure à gauche du 2nd ressaut sur les derniers 6 mètres, ou alors encore un passage qui aurait été en glace/neige à cette époque en 1924, et bien je ne vois pas vraiment comment ils auraient pu passer cette difficulté technique…

    Car à côté, le Cervin, même en 1924, c’est une simple promenade de santé…

    Alors gardons encore un peu de ce mystère, de la légende, de l’imaginaire…
    C’est un peu comme avec Ueli Steck sur l’Annapurna aujourd’hui, on ne saura jamais…
    Ils ont emporté leurs secrets avec eux.

    Et c’est tant mieux !

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