K2

La montagne des Italiens

Et bim ! Le K2 ! Un monstre ! 8 611 mètres ! A peine plus petit que l’Everest mais autrement plus costaud ! Là ça ne rigole pas ! On ne risque pas d’y croiser des touristes en tongs ! C’est à la frontière de la Chine et du Pakistan, dans le massif du Karakoram, qu’on trouvera sa fameuse pyramide qui vit, dès le début des années 1900, les premiers explorateurs se lancer à la conquête de son vertigineux sommet.

Louis-Amédée de Savoie alias le duc des Abruzzes

Et parmi eux, il y en a un qui, en son temps, marqua la montagne de son empreinte et même un peu plus puisqu’il donna son nom à l’arrête aujourd’hui la plus célèbre et la plus empruntée pour accéder au sommet : l’arrête des Abruzzes, du nom de l’alpiniste explorateur Italien Louis-Amédée de Savoie alias le duc des Abruzzes qui atteindra une altitude estimée à environ 6 700 mètres dès 1909. En 1929, son neveu, le duc de Spoleto, reprend le flambeau et mène une expédition à laquelle prend part notamment un certain Ardito Desio dont on reparlera ultérieurement. Là encore, personne n’arrivera au sommet mais la voie d’ascension la plus accessible commence à se dessiner et les observations sur les effets de l’altitude seront précieuses pour les futures expéditions.

Entre deux expéditions Italiennes, les Américains décident de tenter, eux aussi, leur chance sur le K2. Une première fois en 1938 avec Charles Houston, puis en 1939 avec Fritz Wiessner, qui, si le sherpa Pasang Lama qui l’accompagnait n’avait pas eu peur de la nuit, aurait pu être le premier homme au sommet d’un 8000… Lors de cette expédition à l’organisation complétement ubuesque, le pauvre Dudley Wolfe séjourna 38 jours entre 6 700 et 7 700 mètres sans oxygène et finit par mourir seul dans sa tente au camp VII.

Lacedelli et Compagnoni au sommet, Bonatti dans la légende

Il faudra finalement attendre 1954 pour voir le sommet enfin conquis. Et si les Américains ont un temps essayé de leur voler la vedette, c’est bien les Italiens qui seront en haut les premiers avec l’expédition emmenée par Ardito Desio, déjà là en 1929 avec le duc de Spoleto. Si les deux alpinistes au sommet sont Lino Lacedelli et Achille Compagnoni, l’expédition victorieuse du K2 sera surtout marquée par le bivouac improvisé à 8000 mètres du jeune Walter Bonatti qui venait là de poser la première pierre d’une carrière qui allait devenir légendaire.

Si le sommet du K2 fut, par la suite, l’objectif de bon nombre de grimpeurs, on est loin de la folie de l’Everest. Il faut dire qu’en dépit d’une altitude un peu moindre, l’ascension y est nettement plus compliquée et on ne compte plus les tragédies qui y ont eu lieu. Celle de 1986 hante encore la mémoire des survivants, Kurt Diemberger en tête… Dernièrement, en 2008, ce sont des chutes de sérac et une suite d’évènements improbables qui ont provoqué la mort de onze alpinistes…* Le surnom donné au sous-marin russe K19 dans le film éponyme pourrait bien s’appliquer au K2: « le faiseur de veuves ».

K2, pourquoi ce nom ?

J’ai beau lire et relire les diverses explications sur l’origine de son nom, j’avoue que je suis un peu dans le brouillard… il semblerait que le K2 doive son patronyme à une obscure notation trigonométrique… mais comme je suis nul en math, je vous laisse vous faire votre propre idée…

Quelques livres sur le K2 :

  • La folie du K2 – Charlie Buffet – Editions Guérin
  • Tragédies au K2 – Paul Molga – Arthaud
  • La conquête du K2 – Ardito Desio – Arthaud, 1957
  • K2, une grande montagne pour de petits hommes – Mirella Tenderini – Glénat

* Le film The Summit retrace ces évènements.

K2, la montagne des italiens
Le K2, la montagne des montagnes (photo : Maria Ly)

Chullanka, vos sports grandeur nature

5 Commentaires

  • Tanguy - 24 février 2016 à 23 h 07 min

    Pour l’origine du nom, ce qu’en dit Wikipédia (ouioui, j’ai épluché beaucoup d’archives…) c’est que Thomas George Montgomerie, lieutenant de l’armée britannique, sillonne dans les années 50 le Karakoram du nord vers le sud afin d’en effectuer la première topographie. Il aurait alors provisoirement nommé les six plus grands sommets rencontrés K1, K2, K3, K4, K5 et (le suspens est à son comble…) K6.

    La Great Trigonometric Survey au compte de laquelle il travaille renomme alors les sommets selon les appélations locales. Le K1 devient le Masherbrum, le K3 le Broad Peak (traduction littérale de Falchen Kangri), le K4 et K5 sont renommés Gasherbrum II et I, tandis que le K6 prend l’appellation Pic Baltistan.

    En revanche pour le K2, de par de son isolement peut-être, aucun nom ne semblait exister… On a gardé simplement K2!

  • thomas - 25 février 2016 à 17 h 15 min

    Merci Tanguy pour ces précisions. Le K5 est aussi souvent appelé Hidden Peak.

  • Tanguy - 24 février 2016 à 23 h 09 min

    K signifiant bien sûr dire Karakoram.

  • Johan - 19 avril 2018 à 10 h 30 min

    Le K2 étant plus au nord que le K1, ne peut-on pas dire plutôt que Thomas George Montgomerie sillonait le Karakoram de l’ouest vers l’est?

    K1 Masherbrum :35° 38′ 33″ nord, 76° 18′ 39″ est
    K2 :35° 52′ 53″ nord, 76° 30′ 49″ est
    K3 Broad peak :35° 48′ 35″ nord, 76° 34′ 25″ est
    K4 Kasherbrum 2 :35° 45′ 31″ nord, 76° 39′ 15″ est
    K5 Kasherbrum 1 :35° 43′ 15″ nord, 76° 42′ 35″ est

  • Masha - 27 juillet 2018 à 23 h 51 min

    On n’a laissé le nom de « K2 » par la suite, car il s’agit ici du 2eme sommet de la planète… Le chiffre 2 prenant ainsi tout son sens…

Flux RSS pour les commentaires de cet article.

Laisser un commentaire