Lincoln Hall, le miraculé de l’Everest

Quand la montagne est parfois sympa !

Lincoln Hall était un alpiniste australien avec une tête sympa et un bon fond puisqu’il consacra une partie de sa vie à tenter d’améliorer la condition du peuple Himalayen par le biais de son association « Australian Himalayan Foundation ». On parle de lui au passé car il est malheureusement décédé en 2012 des suites d’un cancer, à l’âge de 56 ans. Pas de bol me direz-vous… et pourtant si: en 2006 sur les pentes de l’Everest, Lincoln Hall fut l’objet d’un improbable miracle…

En ce printemps 2006, 22 ans après une première tentative avortée, Lincoln Hall est de retour sur la face nord de Chomolungma pour en finir avec un vieux rêve. C’est un alpiniste averti et parfaitement préparé pour ce genre d’aventure extrême. Il est accompagné par plusieurs sherpas et Alex Abramov, le chef d’expédition, suit tout cela avec attention depuis le camp de base. Le 25 mai, il atteint le sommet après une ascension tranquille, mais dès le début de la descente le mal des montagnes pointe le bout de son nez et au bout de quelques minutes, c’est le bad trip… œdème cérébral… le grand classique… les tonnes d’énergie déployées par les sherpas pour l’aider à descendre n’y feront rien, le chef d’expédition finit par prononcer ces mots inéluctables en ce genre de situation: « tant pis, laissez-le et redescendez sinon vous allez être en danger vous aussi. » Lincoln Hall est ainsi laissé pour mort sur la montagne à 8700 mètres d’altitude… Au camp de base, c’est la consternation et Barbara, sa femme, restée en Australie, ne tarde pas à être mise au courant de la mort de son mari…

« J’imagine que vous êtes surpris de me trouver ici »

Le lendemain matin, une autre expédition dirigée par l’américain Dan Mazur se met en route vers le sommet et devinez ce qu’ils trouvent en arrivant à 8700 mètres ? Un cadavre de Wallaby congelé ? Non Mesdames et Monsieur ! Ils découvrent un type assis au bord d’un ravin, les jambes croisées, en tee-shirt, sans gant ni bonnet et qui leur dit ces mots hallucinants: « J’imagine que vous êtes surpris de me trouver ici. » C’est ce bon vieux Lincoln, le teint un peu pâlot mais à peu près lucide malgré sa nuit passée à la fraiche. Passé l’effet de surprise, nos amis américains comprennent qu’ils doivent abonner leur projet de sommet et qu’il faut agir vite. Lincoln est tout de même dans un état critique et il doit absolument redescendre rapidement. Ils préviennent le camp de base, où Abramov se sert un grand verre de vodka pour se remettre de ses émotions, et demandent du renfort de toute urgence. Le rescapé de l’au-delà finit par atteindre le bercail le lendemain dans état correct qui nécessitera tout de même de lui trancher quelques petits bouts de doigt. Un miracle !

Et maintenant c’est l’heure du débat: pourquoi Lincoln Hall a-t-il été secouru tandis que le malheureux David Sharp fut laissé à son triste sort quelques jours plus tôt pratiquement au même endroit ? Vous avez quatre heures ! Ceux qui le souhaitent pourront s’aider du film intitulé « Miracle on Everest » qui retrace cette incroyable histoire en se basant sur les témoignages des principaux protagonistes.

7 Commentaires

  • Fabien Grimpe-a-vue - 10 janvier 2016 à 15 h 30 min

    Attends tu peux pas nous laisser comme ça !!
    Que s’est il passé ? Comment a-t-il pu survivre avec un œdème cérébral ? Il n’a pas eu de séquelles ? Et pourquoi il n’avait plus d’habits??

    Et surtout: mais que font les yaks pendant ce temps là ?!

  • thomas - 10 janvier 2016 à 19 h 23 min

    Il me semble avoir lu (mais je ne sais plus où) que Lincoln doit sa survie à une soudaine baisse de la pression atmosphérique durant la nuit. L’œdème a du se réduire un peu et il a repris connaissance. Il a eu pour séquelles quelques bouts de doigts en moins…

    Quant au streap tease, il existe une explication rationnelle bien connue des alpinistes victimes d’hypothermie: le déshabillage paradoxal. Visiblement, juste avant que la victime ne rende l’âme, le sang se retire des extrémités pour aller vers les organes vitaux, ce qui provoque de brusques bouffées de chaleur. On meurt de froid mais on a soudainement très chaud…
    Plus d’info sur le site maxisciences.com

    Mais tout cela, les yaks s’en foutent pas mal…

  • delgal - 22 juillet 2017 à 18 h 55 min

    je viens de voir le récit de ce « miraculé » c’est surprenant, palpitant parfois et à peine croyable, le pauvre est décédé bien jeune de cette sale maladie

  • Pascal - 22 juillet 2017 à 21 h 02 min

    Je viens de voir le récit. Dommage qu’il soit décédé.
    L’œdème cérébral peut survenir des 3800m si on ne respecte pas des paliers de 300m par jour. Attention a ceux a qui il ne leur ait jamais arrivé!! Cela arrive au meilleur. Bonne décision du chef d’expédition de le laisser la. Toutefois il aurait pu lui prendre le pouls au moins pour s’assurer que..
    Sans l’américain il aurait fait partie de tout ces jalons qui sont près des voies comme des cairns, et qui ne sont que des hommes congelés..

  • Christine - 30 juillet 2017 à 18 h 33 min

    Ca ne servait à rien de lui prendre le pouls, il n’y avait de toute façon rien d’autre à faire que de le laisser sur place….Les sherpas ne pouvaient pas le porter sans se mettre eux-mêmes en danger. A cette altitude, il faut déjà faire des efforts surhumains pour se déplacer tout seul.
    C’est une horreur ce cimetière à ciel ouvert qui balise la voie…

  • Christophe - 1 août 2017 à 11 h 36 min

    Contrairement à David Sharp, Hall était conscient même si victime d’hallucinations (il était persuadé d’être sur un bateau, par exemple, quand il a été retrouvé), il pouvait parler et surtout pouvait à peu près marcher.
    Pour sauver David Sharp (qui était par ailleurs bien plus haut) il aurait fallu un brancard, ce qui était évidemment impossible.

  • Aline Weyer - 13 novembre 2021 à 13 h 07 min

    Formidable reportage sur la chaîne trek, quelle expédition incroyable !!
    Je retiens que une fois de plus la respiration bouddhiste est d un grand secours dans le situations de crise (je précise que je ne pratique pas), mais il a eu beaucoup de chance, grâce à la météo qui l à un peu protégé et l arrivee providentielle d un autre groupe

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