Un jour comme un tigre // John Porter

Alex MacIntyre et la naissance de l'himalayisme léger et rapide

« Mieux vaut vivre un jour comme un tigre que mille ans comme un mouton. » L’épitaphe d’Alex MacIntyre en dit déjà beaucoup sur le destin hors norme d’un des précurseurs du style alpin léger. Son ami John Porter raconte le reste dans un bouquin touchant qui parcourt une période courte mais majeure de l’himalayisme : les années 70.

Un jour comme un tigre n’est pas une biographie au sens stricte du terme. Si le destin d’Alex MacIntyre est le fil conducteur du livre, John Porter a surtout cherché à raconter les années vécues à ses côtés en mêlant récits d’ascensions, anecdotes et sentiments sur la personnalité parfois complexe de son ami tué par une chute de pierre dans la face sud de l’Annapurna en 1982, à seulement 28 ans.

Pologne, guerre froide, débrouille et style alpin

Mais l’autre fil conducteur du livre c’est les fameuses expéditions anglo-polonaises des années 70 qui, en pleine guerre froide, n’hésitaient pas à traverser le monde à grands coups de marché noir, de troc et de débrouille pour parvenir au pied des montagnes tant désirées. Les alpinistes polonais, Voytek Kurtyka en tête, sont omniprésents et on se régale des péripéties de ces aventuriers sans le sous, à l’éthique bien différente de celle des expéditions lourdes de Chris Bonington, roi du sponsoring. Au fil des expéditions au Dhaulagiri, au Changabang, au Shishapangma ou au Makalu, on découvre la personnalité attachante et le brio de MacIntyre, génial précurseur, visionnaire, obnubilé par les grandes parois et surtout par le style. Le style, le style et encore le style. Alpin, léger et rien d’autre, quitte à ne pas revenir… les réflexions sur la mort et le pourquoi de tout ça jonchent d’ailleurs allégrement les récits.

Il est aussi beaucoup question des arcanes du British Mountaineering Council et du rôle de représentant national qu’Alex y tenait, des relations avec les autres alpinistes britanniques bien sûr, comme Peter Boardman, Joe Tasker, Doug Scott ou encore Alan Rouse. L’évocation du rôle tenu par l’entourage de MacIntyre et notamment Jean, sa mère, ou Sarah sa compagne, ajoutent une forte valeur émotionnelle au livre, tout comme le prologue émouvant de René Ghilini présent aux côtés d’Alex au moment du drame à l’Annapurna. Bref, Un jour comme un tigre, c’est aux éditions du Mont-Blanc et c’est fascinant !

Un jour comme un tigre // John Porter

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