Vingt ans de cordée // Robert Paragot et Lucien Bérardini

L'amitié encordée

Vingt ans de cordée c’est un livre écrit à quatre mains ou plutôt trois et demie si on voulait être cynique… mais a-t-on vraiment envie d’être méchant avec Robert et Lulu, les deux alpinistes les plus sympas de la terre ? Non assurément. D’ailleurs chez Paragot et Bérardini, c’est plutôt leurs ascensions qui sont méchantes !

La face sud de l’Aconcagua en point d’orgue

Un rond en début de paragraphe c’est Paragot qui parle, un carré c’est Bérardini. Robert raconte le plus souvent et Lucien complète. On échange, on discute, on se fait plaisir. Le récit de l’expédition sur la face sud de l’Aconcagua en 1954 est incontestablement le moment fort du livre : « Si l’un d’entre nous avait voulu se jeter dans le vide, je ne crois pas que les autres auraient fait un geste pour le retenir ; nous étions complétement abrutis, affamés, assoiffés. Le moral… On ne peut plus, à ce moment-là, parler de moral. On est une bête, et c’est elle qui reprend le dessus, qui veut s’en sortir. » Bérardini y laissera ses orteils et une partie de sa main gauche mais l’amitié sera scellée.

Le reste c’est de belles ascensions dans les Dolomites, les Alpes ou les Andes (face nord du Huascaran en 1966), racontées avec passion et simplicité. Un peu trop peut-être parfois. Je ne contredirai pas Georges Livanos (on ne contredit pas le Grec) qui y alla de sa petite critique lors de la parution du livre en 1974 : « mon exigeante amitié l’aurait préféré plus bleausard, plus volcanique, qu’il ressemble davantage à toi Lucien, toi, « la bombe », qu’à toi, Robert, le moins excessif de vous deux. » C’est vrai que le récit est parfois un peu mièvre au regard de la prouesse mais qu’importe, ces Vingt ans de cordée, on les lit, on les aime et on les garde !

Vingt ans de cordée - Robert Paragot et Lucien Béradini

Chullanka, vos sports grandeur nature

1 Commentaire

  • BOYER - 23 juin 2018 à 18 h 12 min

    Admirateur de tous les « Grandes ». Moi petit escaladeur des calanques les pieds au sec. Comme je vous envies tous.

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